* Visakhata Puja

Dossier de presse — 2012

« Porteur, le thème du déracinement fait pourtant vibrer une corde sensible et pose des questions pertinentes sur les motivations personnelles derrière l’adoption internationale, sur la transplantation d’une culture à une autre et sur ses conséquences dans la vie des enfants adoptés comme des parents adoptifs. À travers l’histoire d’une jeune fille en quête de parents auxquels se raccrocher (pour ne pas finir comme sa mère à qui on l’a arrachée), et d’un homme à la recherche de ses origines, Visakha Puja remonte à la source d’une quête universelle : celle de sa propre identité. Adopté par des Québécois alors qu’il était enfant, qui est vraiment Souchith : un Québécois ? un Thaïlandais ? un Laotien ?

Et Sarah, qu’on a trimballée d’une famille d’accueil à une autre : comment peut-elle se trouver un ancrage dans la vie ? Comment peut-elle entrevoir un futur et cesser de traîner, comme un boulet, la mère qu’elle s’est inventée? Cette mère, représentée par une marionnette squelettique, tousse, crache, déparle et jure. Elle n’a rien de la figure maternelle aimante. Cependant, Sarah ne parvient pas à couper le cordon fictif qu’elle a tissé entre elles. Tout en manipulant cette marionnette grise, Valérie Roy incarne également une Sarah vulnérable. Les dialogues entre les deux sont crève-cœur.

Toutes les marionnettes sont bien intégrées au spectacle, à commencer par les marionnettes d’ombre issues du théâtre asiatique. Elles apparaissent à quelques reprises, à différents endroits à l’intérieur du décor, pour introduire des mythes et légendes de la Thaïlande. D’autres marionnettes, plus inusitées, surprennent le spectateur, tel le sac à main qui se transforme en l’utérus de Véronique. Il a son mot à dire dans toute cette histoire de maternité, de reproduction et d’adoption. L’homme, lui, dialogue avec son téléphone portable. On passe un moment à chercher le lien entre cet objet et la masculinité avant de comprendre le rapprochement entre cellulaire et cellule reproductrice. Ses incessantes sonneries, qui résonnent toujours aux moments les plus inopportuns, donnent malgré tout lieu à quelques échanges cocasses […]

Dans la mise en scène et la manipulation des marionnettes, dans le travail de recherche et de réflexion, dans la volonté de questionner l’enracinement des êtres humains et leur besoin de se perpétuer à travers d’autres êtres, issus ou non de leur propre chair; dans Visakha Puja, on sent l’envie de dialoguer et de partager une autre culture. »

Par Daphné Bathalon — MONTHEATRE.QC.CA


COMMENTAIRES RECUEILLIS SUR LA PAGE FACEBOOK DE VISAKHA PUJA (PLEINE LUNE DE MAI) À LA SUITE DES REPRÉSENTATIONS DE MARS 2012, AU MONUMENT NATIONAL :

« Pour la première fois de ma vie j’ai pleuré au théâtre… Une pièce magnifique qui fait réfléchir : sur la parentalité, la façon dont on fait des enfants de nos jours, les racines, l’identité […] Merci pour tant d’émotions et de réflexions. »

Narri Man

« Tellement beau et noble parcours dont la recherche, les explorations, les rencontres transparaissent sur scène juste pour nous ! À voir… »

Carol Jones

« Super bon ce soir… Je comprends mieux l’anatomie des sacoches des femmes 😉 »

Sébastien Lozé

« Je suis vraiment contente d’être venue. […] J’ai passé un agréable moment, j’ai aussi été touchée par certains thèmes abordés comme la quête d’identité culturelle. Je me bats moi-même avec ces démons et c’est d’ailleurs le sujet de mon premier show. J’ai trouvé audacieuse et intéressante l’utilisation de la marionnette. […] J’ai passé un bon moment, j’ai été touché et j’ai ri. Pour moi ce sont les deux critères indispensables à une bonne soirée. »

Anna Beaupré Moulounda

« Nous avons passé une excellente soirée ! Bravo à toute l’équipe ! Texte, traitement, mise en scène, comédiens, éclairage… Du bon théâtre! Merci et bonne chance pour la suite ! »

Frances Laverdure

« Très très beau spectacle dont la richesse du texte, des comédiens, des costumes, du décor… des petits… m’a ému et amusé… Bravo à toute l’équipe. C’est le plus bel utérus que j’ai jamais vu de ma vie ! »

Carol Sanpité

« Merci de cette excellente soirée et excellente surprise !

« Bravo à toi Ariane, c’est construit, ça a du sens, les images de Thaïlande sont belles, l’enchainement est subtil. Les marionnettes donnent un autre ton.
Je n’ai que des compliments pour un sujet pas facile ! Et en plus de très bons acteurs, un décor parfait. Encore bravo ! »

Marie-Pierre Automne

« Super ce show! Merci… »

Gracia Katahwa

« J’ai beaucoup apprécié l’exotisme des rituels et des mythes thaïlandais relatés. L’usage des marionnettes était très efficace aussi, et le décor servait bien le spectacle (en particulier les portes coulissantes et pivotantes, employées pour les ombres chinoises; mais aussi la surface servant aux sympathiques projections), en permettant d’évoquer diverses actions et environnements, et en fournissant les points de repères aidant à bien situer le lieu correspondant à chaque situation.
Il y avait une belle unité de jeu dans cette production. J’ai aimé découvrir le jeu de Lyne et de son principal partenaire dans les scènes entre Véronique et Nicholas. Lillian et moi avons aussi particulièrement apprécié les nuances du jeu de l’interprète de la jeune fille, qu’on voit bien évoluer, aux différents âges où il nous est donné de découvrir où elle en est dans sa vie et dans ses questionnements.
Bref, une fort belle soirée : un show qui sait émouvoir, faire réfléchir, et même rire par moments. Le tout avec une belle touche métaphorique dans l’utilisation des objets, des marionnettes, et des adroites conventions liées aux changements de lieux, permettant de récupérer les accessoires de la scène précédente dans un nouveau contexte, avec un sens nouveau.
Un gros bravo à toute l’équipe pour cette très belle production ! »

Martin Mercier

(Visakha Puja) RADIO :
Date : 16 Mars 2012
Source : En Musique et en Mots
http://youtu.be/fIvGM8pAbf4